Le parfum des fleurs
 
.... On parlait il y a quelque temps d'un procédé qui donnait à la fleur du dahlia un parfum des plus agréables. L'horticulteur qui nous entretenait de cette découverte, prétendait que les disques tuyautés de la plante mexicaine allaient s'élever, d'un seul bond, au plus haut rang de la hiérarchie florifère, il nous annonçait que si elle ne détrônait pas les roses, c'était uniquement par respect de l'antiquité de leur droits...
 
...Nous ne manquons pas de fleurs auxquelles le parfum manque, et qui ne jouissent pas moins d'une considération légitime auprès du public comme des amateurs ; sans parler des adorables fleurs des champs, n'avons-nous pas  dans nos jardins les pensées, les thlaspi, les roses trémières aux thyrses somptueux, et tant d'autres, qui sont absolument sans odeur! Bien mieux, n'y a-t-il pas des végétaux cultivés, les pavots, les oeillets d'Inde, etc. mais celle-là ont un charme qui manque encore au dahlia, la grâce...
 
 
 
 
 
 
... L'histoire de la grandeur et de la décadence du camélia, cette autre merveille du coloris et de la régularité, mais sans esprit et sans grâce...
...Rapporté du Japon, vers le milieu du siècle dernier par le P. Joseph Camellius qui, en Jésuite prudent, commença par lui imposer son nom afin de ne pas laisser de porte ouverte à son ingratitude, le camélia donnait alors des fleurs simples qui n'en étaient pas plus vilaines.
Transformé par les incessants travaux d'hybridation dont il fut l'objet, il conquit tour à tour les nuances les plus fines, les plus satinées, les plus veloutées du blanc, du rose et du rouge dont le lustre de son feuillage augmentait singulièrement l'éclat. Malheureusement on ne réussi jamais à lui donner la grâce et le parfum. Il resta si bien le type par excellence des la fleur artificielle qu'un jour, oh honte il subit l'outrage d'être pastiché trait pour trait, pétale pour pétale, à l'aide d'un vulgaire navet!...